• godestlise

Bipolaire et enceinte

Tu n’es plus un secret. Tu as cessé d’être mon secret il y a quelques semaines déjà, lorsque les chiffres se sont affichés sur l’analyse de mes hormones HCG, et que le ou la biologiste t’a découvert avant moi, moi qui soupçonnais ton existence.


Je l’ai partagé avec le futur papa, qui n’en revenait pas. Il est encore sous le choc. Il était en train de jardiner, il a quand même essayé de t’imaginer autour d’un verre de pétillant à la pomme.


Tu me donnes très faim. Tu as voulu du riz à 23h, puis des tartines de beurre à 4h. Les chiffres de la balance sont montés jusqu’à 72, mais tu n’as pas fait mieux que le Depakote qui les avait carrément fait s’envoler à 77. Saleté de molécule, que j’ai arrêtée pour t’avoir.


Le psychiatre a dit “ok pour l’Abilify et le Cymbalta, mais pas d’allaitement”. Tu prendras des biberons, voilà tout ! Je te choisirai la plus douce des tétines ne t’inquiète pas. La gynécologue a dit que tu vivrais, et quels mots résonnent avec plus de beauté que ceux-là ? Aucun, et surtout pas les miens.


Tu as fait remonter mon humeur d’un seul coup. J’en dors peu, je suis sûre que pour ce soir c’est râpé, ce n’est qu’à 14h que je pourrai te dire “bonne nuit bébé”. Avant toi, 4 mois de dépression se sont écoulés de manière chaotique.


Est-ce toi qui me rend hypomane, ou alors est-ce une coïncidence ?