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Brise lame, brise l'âme

Par Patricia Robert


À l'entrée de mon port J'ai construit cette carapace géante, Ce Brise-lame, pour éviter La houle du dehors La vague soulevante de l'absence des regards La petite et la grande misère Les demandes insensées La main-mise des pervers Une certaine réalité, L'eau débordante de l'autre, Les éclats de verre des miroirs brisés Des sept ans de malheur qui durent


L'amour, brise-glace inattendu Est venu fracasser la glace dure Il a fait fondre les briques souffrantes de ce mur érigé Les premiers mots reçus ont percé de quelques flèches le ciment ancien Les douces fissures de la base de ma forteresse volontaire ont grandi Et les roches empilées sont devenus du sable Certains jours, l'ancienne frénésie apeurée Pour garder un semblant d'abri, A poussé mes mains à ramasser des poignées de poussière. Certains soirs m'ont trouvée épuisée Les doigts en sang de l'effort insensé pour reconstruire des pans de murs entiers. Les larmes , vieille habitude, ont pour un temps Fait des pâtés de sable compact Et ont freiné l'arrivée du nouveau. En vain, et j'en suis heureuse.


Derrière le paravent sombre Brise-âme La vie n'était plus La force et les armes rouillaient Sans se confronter pour grandir. Je suis heureuse du rayon de l'amour De ses mots, de ses flèches, de son regard La cuirasse n'est plus La lutte intérieure a cessé La danse de la vie commence Et le long de la jetée ouverte sur la mer Je suis éblouie et surprise Du beau de toi Du beau du dehors De l'amour.

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