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Comment renouer avec le style en hôpital psychiatrique

Dernière mise à jour : janv. 30

Par Elise.


Oui vous allez prendre 10 kilos, non vous n’aurez pas l’opportunité de mater en replay vos épisodes préférés des reines du shopping, peut-être bien que vous l’aurez oublié, votre style, justement, mais s’il est bien un endroit où on peut prendre le temps de réfléchir, c’est pendant un long séjour.


Je vais vous dire comment mettre à profit ce lent mois d’hiver pour tâcher de sortir en ressemblant à quelque chose.


Etape 1, qui suis-je ?

Eh oui, pas facile de s’en souvenir, du moins les premiers jours. Mais vous verrez, ça finit par revenir, surtout si les psychiatres n’ont pas la main trop lourde sur le Loxapac. Il s’agit de mettre ce moment à profit pour faire un peu le tri : suis-je plutôt hippie, plutôt rock ? Ai-je des attaches parisiennes, ou une allure de montagnard(e) ? Me suis-je laissé(e) entraîner par la dernière mode, ce qui explique la présence d’un micro-pull aux manches trop longues dans ma valise ? Ai-je une prédilection pour une marque, quitte à ce que ce soit Queshua, ou est-ce que je m’habille chez Carrouf ?


Une fois ce petit point passé, tout deviendra plus clair. Rien de tel que des questions look pour renouer avec son identité, se reconnecter avec son moi profond.


Etape 2, où suis-je ?

Un peu de tact, le but n’est pas de choquer ses camarades d’infortune. L’idée est de se fondre dans le décor, et pour cela, évidement, je ne vous apprends rien en vous disant de sortir votre plus beau pyjama. J’avais opté pour ma part pour un charmant ensemble gris chiné, avec un message brillant sur l’encolure : “day dreaming”. Assez cocasse pour quelqu’un qui errait dans les couloirs complètement shootée. On peut dire que j’étais raccord. Mais le plus important, une fois bien sapé(e) pour traîner de la pièce de vie à la cantine, c’est de trouver sa tenue pour la sortie.


Mon premier conseil : il faut que cela reste pratique. Pas question de porter une robe bouffante ou je ne sais quel attribut qui risquerait de vous ralentir dans votre fuite, une fois que vous aurez trompé les psychiatres sur votre état mental. Lorsque, bernés, ils vous auront donné l’autorisation de retourner vaquer à votre dépression librement, il vous faudra un bon jean bien coupé, un sweat confortable et des sneakers prêtes à courir (sait-on jamais).


Etape 3, que m’est-il permis d’espérer ?

Tel le Kant de l’unité spéciale de soin, vous vous poserez cette question essentielle, troisième pilier fondateur de la recherche de style. Au départ, je ne vous cache pas qu’il n’y aura pas grand-chose à obtenir, à part un peu de pitié. Moi-même durant mon hospitalisation, j’ai été complimentée sur mon habillement, et ça fait toujours plaisir. Mon copain avait fait ma valise à la hâte et avait couru après l’ambulance, ce qui implique que mon choix vestimentaire était pour le moins limité.


Néanmoins, si le style évoqué lors de l’étape 2 vous a semblé classique, expliquez-moi comment se préparer à un défilé de mode depuis l’hôpital ? Outre le fait qu’une tenue trop exubérante risquerait de prolonger votre séjour, les moyens du bord restent limités. J’ai à peine réussi à me faire prêter un sèche-cheveux qui faisait disjoncter la prise de mon côté : vous n’aurez pas les accessoires indispensables pour la coiffure, le nail art ou quoi que ce soit.


Conclusion : misez sur de bons basiques et vous serez prêts à passer votre saison en enfer au paradis de la sape. Faire feu de tout bois, voilà ce qui doit animer votre esprit de résistance, que dis-je, de résilience.


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