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De comment se faire des amis en pleine crise maniaque

Par Elise.


La crise maniaque a ceci d’original qu’elle nous permet de nous faire plein d’amis, et aussi plein d’ennemis. Elle nous met dans un état proche du délire, et on se voit soudain comme la personne la plus connue au monde, la plus admirée, la plus adulée.


A tel point que ça m’a gênée, personnellement. j’étais embarrassée par cette popularité brutalement acquise, et je me faisais toute petite pour ne pas importuner les gens qui m’entouraient. Au paroxysme de la crise, je me suis tout de même emballée, et je me souviens d’avoir crié “maman ?” à une pauvre infirmière qui m’a regardée de travers.


Je vais vous dire comment ne pas faire les mêmes erreurs que moi, et tâcher de vous faire des amis en pleine crise maniaque.


Etape 1, revoir ses attentes à la baisse

Il est facile de se perdre, en pleine crise maniaque, dans les méandres de son cerveau. De mon côté j’étais convaincue qu’une amie m’attendait, cachée derrière les rideaux. J’étais aussi persuadée que j’arrivais à communiquer avec la fille de mes amis, qui babillait dans son landeau (moins d’un an la gosse).


Il vous faudra donc temporiser vos idées de dons exceptionnels, je vous le dis. Loin de moi l’idée de minimiser votre génie, mais la crise maniaque a tout de même tendance à donner une appréhension assez éloignée de la réalité de ses propres capacités.


De même, il vous faudra limiter vos attentes envers vos proches. Vous avez l’impression d’être le roi du monde, mais eux n’ont pas le sentiment d’être vos sujets. Nuance.


Etape 2, ne pas renier ses amis

Dans le même ordre d’idée, je vous déconseille pour autant de les archiver. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas le comportement escompté qu’il faut les mettre à l’amende, non, surtout pas ! Vous aurez besoin de leur appui quand la crise vous aura terrassé.


Après leur avoir demandé à plusieurs reprises ce qui se passait, j’ai fini par douter des miens. Ils m’ont raccompagnée jusqu’à chez eux, et je me suis crue dans un appartement-témoin. Tout me semblait faux, les mobiliers, les odeurs, les commentaires qu’ils faisaient (indubitablement pour me duper, pensais-je).


Au contraire, même si cela devient difficile, tâchez de conserver vos amis près de vous. Je fus bien contente qu’ils m’accompagnent à l’hôpital, lorsque ma crise m’eût ôté la faculté de m’y rendre par moi-même.


Etape 3, tenter de ne pas se faire d’ennemis

Enfin, et c’est peut-être le plus compliqué, il est primordial de ne pas se trouver d’ennemis, dans un moment où l’on est si vulnérable. J’ai failli, je dois bien l’admettre, me fâcher avec un autre patient des urgences quand ma crise fut arrivée à son apogée.


C’est bien simple, je voyais le Christ partout. Et je ne suis pas croyante, je le précise ici. De sorte que la personne handicapée, qui attendait derrière moi que les médecins veuillent bien la prendre en charge, se disputait le rôle avec mon copain.


Finalement, je réussis à ne pas lui attribuer de partition, et me concentrai sur mon amoureux pour lui prêter des compétences hors du commun.


Voyez, ce n’est pas si compliqué, on peut très bien éviter les écueils de la crise maniaque pour se faire des amis à cette occasion ! Ou renforcer les liens avec les siens. Les miens m’ont pour ainsi dire sauvée : ils se reconnaîtront <3.


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