• godestlise

La chatérapie

Par BL.


Depuis enfant, j’ai toujours voulu avoir mon chat.

Je n’ai jamais trop compris pourquoi,

Peut-être recherchais-je un ami, qui pourrait me ressembler ?

Alors on m’offrait des livres, des peluches,

Non, je voulais un vrai chat, un chat tout chaud, vivant

Qui miaule et que je pourrais élever.

Quelqu’un qui aurait besoin de moi, autant que j’ai besoin de lui

Qu’on s’apprivoise, qu’on apprenne à se connaître

Je sais qu’un chat ne pense pas comme moi, c’est pour ça que ça m’intrigue.

Un chat, comme un humain l’analyse, c’est « ni dieu, ni maître »

J’en ai élevée deux, tellement différentes.

Souvent je les envie, moi aussi, j’aimerai ne pouvoir me soucier de rien,

Mis à part me lécher le trou de balle, dormir 18 heures par jour,

Bouffer sa gamelle et aller gambader dans la nature.

Entendre des choses que les humains n’entendent pas, sentir différemment

Qu’il y a-t-il dans la tête de ce chat, réellement ?

Les chats, tout comme les autres animaux, ont leur moyen de communiquer.

Saviez-vous que si vous appelez votre chat, il va répondre et va vous miauler ?

Uniquement pour vous, il essaie de communiquer sur un autre canal. Les chats ne miaulent pas entre-eux

Est-ce que nous on prend le temps, d’essayer de comprendre notre animal ?

On dit toujours que les chats sont indépendants, territoriaux.

Je vous dis que c’est faux. Les miennes ont leurs habitudes,

Pourtant tous les jours elles m’étonnent, elles réagissent différemment,

Je les regarde faire entre elles, aussi.

Elles n’agissent jamais de la même manière.

En langage humain, on dirait « elles ont leurs propres caractères »

Peut-être qu’il en est tout autre.

Je sais que quand je les appelle, elles m’entendent de loin, elles arrivent, même si je le fais à voix basse.

Y en a même une qui me réveille délicatement avec sa patte, si le réveil sonne et que je ne l’entends pas.

Y en a une elle a besoin d’affection, donc elle vient toujours réclamer de l’attention, des caresses.

Elle préfère dormir avec ma mère car moi elle me gêne, elle s’agite vers 3 heures du matin.

Mais ce n’est que l’interprétation de moi, une humaine, qui ne me considère pas comme leurs maîtresses

Je suis une humaine, avec mon propre fonctionnement

Ce sont des chats uniques, avec leurs propres fonctionnements.

Parfois je m’identifie à elles.

L’anthropomorphisme c’est plaquer ses sentiments d'humains, penser qu'un animal réagit comme un humain.

Quand vous parlez de votre chat, vous parlez de vous.

Est-ce qu’elles ont une conscience, un esprit, des émotions ?

Est-ce vraiment important, au fond ?

Quand elles sont près de moi, je me sens bien.

Quand je suis loin d’elles, elles me manquent.

Parfois elles m’attendent, ou elles me suivent comme un chien, un peu désespérée, que j’aille si loin.

Comme si je n’allais jamais revenir, mais je reviens toujours.

Ce n’est que mon analyse d’humain. Je les traite d’égal à égal, comme je pourrais traiter un humain, je les respecte.

Parfois je leur parle, j’adore quand elles répondent avec leur miaulement. Quand j’arrive, elles se roulent par terre, ou bien carrément, une est frénétique, comme si elle me découvrait à chaque fois qu’elle me voyait.

L’autre est plus douce, mais quand elle dort avec moi, elle prend soin de ne pas me réveiller.

Je m’amuse avec elles aussi. Parfois je les embête, alors elles me font gentiment comprendre, par une morsure mesurée, qu’elles ont aussi leurs limites.

Elles ne sont pas moi, je ne suis pas elles. Mais je crois qu’elles m’aiment. A leur manière.

On dit souvent qu’un chat prend comme une agression qu’on le regarde dans les yeux.

Non, ma chatte Bouti se met sur moi, et me fixe intensément avec ses gros yeux ronds.

Ça me gêne parfois, je ne sais pas ce qu’elle fait.

Mimi aime le vétérinaire, elle ronronne, elle se laisse faire. Personne n’a besoin de la tenir, elle reste sur la table.

Mais elle me fait rire car au lieu d’enterrer son caca dans la litière, elle gratte par terre.

On la surnomme « mimi perdue » car parfois elle se pose au milieu de la chambre,

Le regard vague, comme si elle ne savait pas quoi faire.

Elle mange trop vite, donc elle vomit tout après.

Un jour j’ai mis 3 bols, au lieu de 2, mimi a pris peur. Pourquoi 3 bols ? Alors j’ai enlevé le 3ème bol, elle se sentait mieux.

Je reconnais leur miaulement quand elles m’apportent une souris, un oiseau, un criquet, elles tournent en rond, comme pour m’indiquer autre chose.

On croit qu’on pense que c’est un cadeau. Mais quand on lit l’analyse des chats par les humains, c’est juste qu’elles estiment que je ne sais pas me nourrir, donc elles m’apprennent.

Elles me font rire, elles me font du bien.

Je crois que ça me ressemble, cet esprit chat. Il est libre, doux, apaisant, tout en restant un chat différent d’un autre.

Quand je change mon ton de voix, elles s’adaptent. J'imagine que les mots pour elles ne signifient rien.

Quand je suis concentrée sur autre chose, elles me collent aux pattes.

Avant elles aimaient se blottir sous la couverture. Y en a une, elle adore les cartons.

Quand je fais ma valise, elle se met dedans. Si je pouvais l’emmener, je le ferai.

Je leur dis que dès que j’ai un espace plus grand, un petit jardinet, je reviens les chercher.

Je les ai habituées progressivement à vivre avec 4 chiens, elles s’entendent bien.

Nos chiens ne supportent pas les chats des voisins, seulement "les leurs" car je refuse qu’ils les attaquent. De toute façon, elles leur foutront des coups de pattes.

Ca leur est arrivées de dormir ensemble, avec les chiens. J’ai essayé de leur faire aimer tous les humains, et ils vont vers eux, peu importe, elles n’ont pas peur.

Je les ai même fait promener en laisse quand je n’étais pas là, pour qu’elles s’habituent au jardin. Quand j’estimais qu’elles n’étaient pas prêtes, je leur mettais un coussin, à hauteur de la fenêtre, pour qu’elles observent le jardin. J'imaginais que c'était l'équivalent de notre télé.

Si elles choisissent de dormir quelque part, je leur mets ce qu’elles préfèrent, à l’endroit qu'elles ont elles-même choisi.

Je n’attends pas qu'elles me remercient.

Elles sont des chats, on se comprendra peut-être jamais.

Mais on évoluera ensemble, j’essaie de les rassurer, à ma manière.

Si je crois que je suis elles, ou qu’elles sont moi, c’est que la folie n’est pas loin.

Je pourrais vous parler pendant des heures, vous raconter mon bonheur.

J’aime leur manière de s’adapter (ou non) elles ne m’apportent que de la douceur.

Je ne me sens pas jugée, je me sens peut-être comprise.

J’ai besoin de mes chats, c’est tout. Pourquoi ?

Je ne sais pas. On est bien ensemble.

Ça me suffit largement. Elles m’apportent une simplicité,

Et j’aime le fait de ne pas avoir à les dresser.

Je n’attends pas d’elles qu’elles fassent ce que je veulent

Je veux peut-être, ne plus jamais me sentir seule.


9 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout