• godestlise

La Maison Pair Chez

Par BL.


A la maison perchée,

Tu es « chez » tes « pairs''. »

Ils aiment les jeux de mots, on se sent bien entre-nous,

On se sent bien entre « fous ».

Des étiquettes qui grattent,

Des personnes qui se ratent.

Si nous n’étions pas en France,

En Afrique nous serions des chamanes adulés, en transe.

On nous demanderait notre avis sur tout.

Et c’est la première phrase qui m’est venue après mon diagnostic

« On est hypersensibles, et on a quelque chose à apporter à la société, vraiment »

Crois-tu que des années plus tard, mon discours encore ment ?

Sortir du cadre, être hors-norme, être différent

Être difforme, mais qui nous critique ?

Sans renier le diagnostic,

Et la médication,

Pourrions-nous donner d’autres noms ?

La crise maniaque, c’est une crise créative

La dépression, le SAS de décompression

La schizophrénie, parler avec ses personnages,

Le trouble anxieux, être sérieux avant l’âge

Les déclinaisons sont infinies…

Je ne change pas, ce qui est,

Je ne nie pas, la réalité

Je joue avec les mots, pour m’amuser

Moins de peurs, plus de rires,

Plus de pleurs, plus de sourires

Qu’enfin le mot délire, reste à sa place

Le délire, c’est rire au fond de la classe.

Accueillons nous entre pairs,

D’abord en pair-aidants soudés.

Qui pourront ensuite, souder des petits oisillons

Qui sont tombés du nid. Pour qu'ils deviennent papillons.

Les bébés artistes.

On est « fantarstique ».

On est les « originaux », les « différents »

Si quelqu’un me traite de folle,

Je réponds :

« Si moi je suis folle, qu’est le monde ? Un monde qui pollue sa planète

Qui tue des humains, qui torture des animaux ?

Qui ne pense qu’à l’argent, à critiquer les gens, à ne rien construire de beau ?

C’est vous les fous de jouer au jeu de société.

Moi je suis juste une humaine, qui cherche à s’accepter »

Il est plus facile de détruire que de construire.

Regardez le temps qu’on met à construire un beau château de sable.

Et l'enfant, avec un coup de pied, balaie tout sur la table.

La maison perchée elle est en bois, comme je l’imagine

Perchée dans une montagne, dans les nuages

Bien haut sur la cime.

Elle nous accueille et nous protège, elle lance des fils de pêcheurs, des lances

Pour rattraper leur indifférence, pour combler là où eux ont pêché.

Pourquoi la psychiatrie, ne serait -elle par notre amie ?

Pourquoi toujours, penser, en dichotomie ?

Ca veut dire, tout en noir et blanc.

Nous sommes un monde à nous tout seul,

Plein de douleurs,

Plein de couleurs,

Mais je suis et je resterai,

Dans l’interdiction, que qui que ce soit,

Vienne me traiter de folle,

Alors qu’on construit notre propre école.

Puis les écoutants, les nids, les perchoirs

La maison perchée n’abrite pas que des poupoules

Même dans notre dortoir,

Y a un peu de tous : des chatons, des lézards, des chimères

On déborde parfois un peu sur nos pairs, faut pas s'en vouloir.

Si aujourd’hui je suis là, c’est pour faire mentir

Cette satanée phrase « un bipo peut en faire monter un autre »

Je veux la porter avec courage et rire

« Un bipo peut en faire descendre un autre »

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