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Psychophobie

Dernière mise à jour : 22 mars

Par Celeste (@payetapsychophobie)


J'ai subi de nombreux actes de psychophobie et de violence médicale au cours de mon parcours psy. Certains peuvent paraître insignifiants (par exemple, un regard désapprobateur car j'ai un traitement médicamenteux et des cicatrices d'automutilations) d'autres sont bien plus directes (par exemple des phrases sanglantes ou les refus de soins). Mais tous participent à un système bien roder qui exclus les personnes psychiatrisées. Si je devais choisir deux événements qui m'ont le plus blesser psychologiquement ce serait ceux-ci :


Le premier se déroule en 2018. Je venais de faire une tentative de suicide médicamenteuse. De mon entrée dans l'ambulance jusqu'à mon retour en clinique psychiatrique, la majorité du personnel soignant présent pour me sauver la vie à participer au développement d'un nouveau traumatisme. Pour résumé, iels me disaient plus ou moins clairement que je passais en dernier car j'avais volontairement intenté à ma vie et ce, aussi bien dans le respect de mes besoins physiologiques que de ma suivie. En effet, une machine était reliée à mon corps pour me sauver. Elle s'arrêtait régulièrement pourtant la majorité des soignant·es mettaient longtemps à la régler. Tout ceci est sans compter le fait qu'une amie d'hospitalisation (dont le hasard a fait que nous avions fait une TS le même jour) a pu sauter par la fenêtre des urgences car aucun·e soignant·e ne s'est dit qu'il était évident de ne pas laisser une opportunité de se tuer à une personne en proie à des idées suicidaire. Heureusement elle est toujours en vie. Mais elle garde de lourdes séquelles.


Le deuxième se déroule au sein même de ma famille. Cette dernière n'a jamais su ni voulu apprendre à gérer les difficultés inhérentes aux troubles mentaux. Ce qui est paradoxal quand on voit que la majorité d'entre elleux en ont très probablement (mais refuse de l'admettre et encore moins de se faire aider). Les phrases m'ayant le plus fait souffrir sont les suivantes :


"Je ne vais pas t'amener à l'hôpital car quelqu'un vient relever les compteurs aujourd'hui" (après avoir avouer que j'ai fait une TS).

"Comme tu as pris mes médicaments pour tenter de te tuer, tu sais sûrement ce qu'il reste dans la boîte".

"Ne t'inquiète pas, je vais te le rendre ton cuter, tu pourra te tuer avec après si tu veux".

Je pourrais encore continuer longtemps malheureusement. Mais je crois que ces éléments suffisent pour que vous puissiez comprendre à quel point il faut investir dans la sensibilisation à la santé mentale et ce, aussi bien chez le personnel soignant que les individus lambdas.

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